Après avoir recensé en plusieurs posts 23 idées pour alimenter positivement la réflexion sur la loi PACTE, vous nous pardonnerez d’aborder aujourd’hui non pas des idées, mais plutôt ce qui nous semble devoir être évité pour ne pas freiner l’extension du partage de la valeur dans toutes les entreprises.

Peu de choses en fait :

Les mesures de déblocage exceptionnel : elles créent une injonction contradictoire qui pénalise le développement de l’épargne salariale et sont inefficaces ! Plus de détails ICI

L’extension du compte courant bloqué quel que soit le nom qu’on lui donne (Livret E…) pour les raisons évoquées plus haut : c’est de la dette supplémentaire pour les entreprises et pas des fonds propres et cela met en danger l’épargne des salariés dans l’impossibilité de mettre en place un mécanisme de garantie efficace.

Le fonds d’actionnariat salarié interentreprises ou mutualisé :

  • Seules les entreprises n’ayant pas les moyens d’assurer la liquidité/de monter le mécanisme y auront intérêt, les autres gardant leur mécanisme propriétaire => la mauvaise monnaie chassera la bonne et ces fonds seront fragiles et impossible à garantir, ou alors pour un prix diriment
  • On peut douter que les entreprises auront envie de partager les informations sur la marche des affaires avec d’autres au conseil de surveillance
  • La performance ne sera pas lisible, et ces fonds seront toujours moins diversifiés que des fonds actions classiques

En conclusion temporaire, à la fin de cette série de 6 posts sur le PACTE, nous redisons avec force que nous soutenons l’intention du Président de la République et du Gouvernement* de développer le partage de la valeur dans toutes les entreprises via les flux, les montants, l’investissement productif et l’actionnariat salarié 

C’est en effet pour cela que nous nous battons depuis que nous nous sommes lancés. Nous contribuerons à la suite du débat que vous pourrez suivre dès début 2018 ici même.

Stay tuned !

*15 octobre 2017 : Emmanuel Macron déclare à la télévision « Quand ça va mieux, je veux que les salariés aussi puissent avoir leur part de la réussite. Et donc je souhaite qu’on puisse revisiter cette belle invention gaulliste de l’intéressement et de la participation. Et je veux à cet égard qu’en 2018 on puisse avoir un vrai débat sur ce point. J’ai porté, en tant que ministre, des réformes qui permettaient aux dirigeants, aux cadres d’entreprise d’avoir leur part de la réussite pour attirer les meilleurs du monde en France, ou les garder.  Je veux aussi que tous les salariés aient leur juste part quand les choses vont mieux, par le dialogue. »

Intention confortée par Bruno Le Maire dans la presse quotidienne nationale : « Le travail doit payer, notre objectif à terme est que 100% des salariés aient accès à l’intéressement ou à la participation »

 Lire aussi :

Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises (PACTE) : qu’est-ce que c’est et quel impact à prévoir sur le partage du profit?

PARTAGE DE LA VALEUR dans le Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises (PACTE) : Etendre le nombre de bénéficiaires au titre des FLUX de partage de la valeur

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PARTAGE DE LA VALEUR dans le Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises (PACTE) : Flécher les flux de partage du profit vers l’investissement productif dans les supports diversifiés

PARTAGE DE LA VALEUR dans le Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises (PACTE) : Renforcer l’actionnariat salarié