L’an dernier, le gouvernement hongrois a nationalisé le système national de pension complémentaire du deuxième pilier. L’Etat bulgare envisage de prendre des mesures similaires afin d’améliorer ses finances publiques. Est-ce la bonne solution ?

Depuis déjà plusieurs semaines des questions sur une éventuelle nationalisation des actifs des fonds de pensions privés se posent en Bulgarie. Rappelons qu’au 1er semestre 2012, ces actifs s’élèvent à 4 milliards BGN (2,4 milliards d’euros).

Comment fonctionne actuellement le système de retraite bulgare ?

Jusqu’à l’an 2000, le système de retraite en Bulgarie fonctionnait avec un seul pilier fondé sur la répartition. Des problèmes démographiques (taux de natalité très faible) et des facteurs économiques défavorables (taux de chômage très élevé) imposent cependant une reconstruction du système. Alors, en 2000 le gouvernement bulgare adopte une nouvelle réforme : « le modèle à 3 piliers ». L’architecture du système devient similaire à celui de France : les retraites publiques (1er pilier), les régimes complémentaires d’entreprise (2ème pilier) obligatoires pour toute personne née après le 31.12.1959 et pour les ouvriers (travaillant dans des conditions difficiles) quel que soit leur âge, et les dispositifs d’épargne retraite individuelle (3ème pilier). Par rapport au 2ème pilier, la cotisation est de 5% des revenues mensuels (2,8% à la charge de l’employeur et 2,2% à la charge du salarié). Cela ne concerne que les personnes nées après le 31.12.1959. L’âge de départ à la retraite est de 63 ans pour les femmes et de 65 ans pour les hommes. Le régime bulgare fonctionne uniquement en points .

Quel avenir pour le système de retraite en Bulgarie ?

Actuellement, le financement du 1er pilier pose de plus en plus de problèmes au budget de l’Etat bulgare. « Une éventuelle nationalisation des actifs des fonds de pension du 2ème pilier permettrait de combler le déficit. En revanche, toutes les estimations démographiques indiquent que le système devra faire face à des défis de plus en plus importants et une telle mesure ne masquera que temporairement le problème », explique Sofia Hristova, directeur général d’Allianz Bulgarie. De plus, comme le soulignent les experts, si les actifs accumulés actuellement dans des fonds privés se nationalisent, l’Etat sera confronté à un autre problème, celui de la gestion financière. La caisse nationale bulgare ne dispose pas d’experts qui pourraient gérer la vaste ressource d’investissements diversifiés. Ils se demandent aussi si une telle nationalisation n’aurait pas un impact négatif sur la note de crédit attribuée à l’Etat bulgare qui est pour l’instant assez stable.

Notre Observatoire des Retraites Européennes suivra de près la situation en Bulgarie.

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