Dès son arrivée au pouvoir en 2013, le président chinois Xi Jinping, appuyé par une majorité des dirigeants du parti, a particulièrement mis l’accent sur le problème des entreprises publiques en Chine.

Ces dernières, étant endettées en très grand nombre, sont parfois même considérées comme « zombies » (maintenues en activité uniquement grâce à des crédits du gouvernement). Selon un rapport du Moody’s Investors Service de décembre 2018, la dette que représente ces entreprises est de plus de 8.67 billions de dollars, soit presque 3 quarts du PIB 2017 chinois.

Parmi les 60 points établis par le gouvernement en 2013 dans le cadre d’une grande restructuration, figure une réponse à ce problème des entreprises d’état : la propriété mixte des capitaux, une solution mêlant économie de marché et interventionnisme dans l’administration des sociétés.

Cette politique se traduit non seulement par la possibilité pour des investisseurs privés d’acquérir du capital de ces entreprises, mais aussi par la mise en place d’un conseil d’administration (suivant la même forme que les entreprises privées) afin de transférer la prise de décision à une instance possédant un intérêt à la réussite de cette dernière. L’objectif étant principalement d’injecter une vision plus compétitive (et capitaliste ?) dans la gouvernance des entreprises d’État.

Depuis 2016, le gouvernement a sélectionné des établissements pour progressivement implanter ce système de propriété mixte, et naturellement l’actionnariat salarié se voit être en première ligne de ce plan.

Actionnariat Salarié en Chine

L’actionnariat salarié est un des aspects phares de la solution stratégique du gouvernement chinois pour diminuer la dette et améliorer l’efficacité de ses entreprises d’État. Au maximum 30% du capital total de l’entreprise peut être détenu par les salariés. La possibilité de devenir actionnaire de son entreprise n’est proposée qu’à certains employés qui ne peuvent pas détenir plus de 1% du capital individuellement. De plus, les actions ne seront échangeables que 36 mois après l’achat.

Néanmoins, les répercussions positives sur les bénéficiaires se sont rapidement fait ressentir : une implication et une motivation accrue, un meilleur sentiment d’appartenance, et surtout un renforcement de l’engagement des salariés dans le capital de l’entreprise.

« Dans le contexte du ralentissement économique actuel et des pressions exercées sur les entreprises publiques pour qu’elles opèrent, c’est une très bonne mesure que de promouvoir l’actionnariat des entreprises pour diversifier les rôles dans les réformes [des entreprises], réduire les coûts et stimuler le dynamisme. » – Zhou Fangsheng, vice-président de l’Association chinoise de recherche sur la réforme et le développement des entreprises.

Bien entendu, il reste encore du chemin avant que la Chine déploie des plans d’actionnariat salarié dans les mêmes proportions que les ESOP américains ou les plans français, bien plus complets et avantageux pour les employés bénéficiaires. Mais voir l’Empire du Milieu ouvrir les capitaux de ses entreprises nationales à l’actionnariat privé des salariés est suffisamment remarquable pour être souligné.

Au cours de 2018, plus de 60 entreprises publiques (du secteur de l’énergie, gaz naturel, aviation, ressources minières) ont commencé la mise en place de plans d’actionnariat salarié, comptant même dans leurs rangs 2 entreprises militaires.

Affaire à suivre, il semblerait que le gouvernement chinois ait vu en l’actionnariat salarié une forme de remède à ses maux voire une solution pour redynamiser son économie.

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