La réforme des retraites en République Tchèque a été adoptée

La réforme du système de retraite a été définitivement adoptée au Parlement après le veto du président en septembre. Elle entrera en vigueur le 1er janvier 2013.

Votée en novembre 2011, la réforme a été bloquée par le Président en septembre à travers un veto. La majorité a déclenché un vote de confiance sur le budget, et ayant obtenu le soutien du Parlement, elle a définitivement ratifié la réforme des retraites.

Elle avait été initiée en 2011 à l’époque où dans les autres pays baltes, les régimes de retraite privés du 2ème pilier étaient nationalisés ou transférés dans les systèmes publics. Ce choix de transférer une partie des retraites vers le privé est lié au vieillissement très rapide de la population qui ne permettra pas de maintenir le régime actuel surtout pour les générations ayant moins de 40 ans aujourd’hui qui risquent d’être sévèrement pénalisées.

Le système n’est déjà pas florissant puisque aujourd’hui le taux de remplacement n’est que de 53% en moyenne. Avec un salaire moyen de €1000 environ avant impôts soit 750€ environ après impôts fin 2011, la pension de retraite moyenne s’élève à 422€. Or une très grande majorité de la population ne peut compter que sur la retraite par répartition.

Comme nous l’avons écrit dans notre article du 23 mai 2012, l’aspect novateur de la réforme consiste à ponctionner une partie des cotisations qui alimentaient le système de retraite public pour les orienter vers un système par capitalisation privé, le manque à gagner pour la caisse publique étant financé par une augmentation de la TVA.

Les salariés seront libres d’adhérer au système (opt-in) dans un délai très court (dans l’année du 35ème anniversaire et avant mi 2013 pour les plus de 35 ans), mais ne pourront pas en sortir une fois qu’ils auront adhéré. Ce choix est sans doute plus risqué que celui du Royaume-Uni qui vient de lancer son système par capitalisation obligatoire fondé sur le principe de l’opt-out : les salariés adhèrent d’office, mais peuvent sortir du système.

Le produit offrira une gestion pilotée retraite avec une désensibilisation progressive des avoirs jusqu’au départ en retraite grâce à 4 fonds avec des profils de risque différents comme dans le PERCO français.

Les dernières enquêtes en république Tchèque anticipent un taux d’adhésion (opt-in) très faible de l’ordre de 9% alors que les anglais prévoient un taux d’opt-out entre 15 et 30% soit entre 70 et 85% des salariés couverts. Les fabricants anticipent d’ailleurs que seuls les salariés les mieux payés et les jeunes devraient adhérer. Cette faible adhésion de la population peut aussi s’expliquer par les récents débats de la classe politique qui est très divisée sur le sujet, l’opposition ayant même annoncé qu’elle reviendrait sur cette réforme dès 2014.

Tous les pays européens sont en train de réformer leur système de retraite, certains reviennent du système majoritairement privé en nationalisant les fonds de pension, d’autres comme les anglais rendent le 2nd pilier obligatoire offrant une solution balais étatique (cf article sur la nouvelle ère des retraites au Royaume-Uni), tous fuient les régimes ayant des engagements intenables notamment les régimes privés à prestations définies (cf post sur les fonds de pension néerlandais et suisses) et s’orientent vers des régimes à cotisations définies. La France est très loin du compte puisque son système majoritairement par répartition n’est pas financé à moyen terme (cf post sur l’ARRCO AGIRC au pied du mur) et aucune solution de retraite dans l’entreprise n’est encore en mesure de prendre le relais. Les français et notamment les jeunes ne sont pas dupes, ils sont inquiets et conscients qu’ils devront trouver une autre de source de financement pour leur retraite (cf post sur les inquiétudes des français).

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