Explications.

Nous avons abondamment discuté dans ces pages des avancées très positives de la loi PACTE :

  • fin de l’effet tunnel : liquidation possible pour acquisition de la résidence principale ;
  • fin de l’aliénation du capital : liberté de choix entre rente et capital pour l’épargnant.

En incitant plus fortement les épargnants à investir pour leur retraite, la Loi PACTE permet aux Français de mieux faire face au risque de longévité. Mais il est un risque de longévité qui inquiète plus particulièrement les Français : celui de la dépendance. 77% des Français de plus de 45 ans se déclarent inquiets à l’égard des risques de dépendance (source : enquête Harris pour la Mutualité Française, 2018). Le coût pour les finances publiques à été estimé à 2,07% du PIB à horizon 2060 (ce qui représente un enjeu supérieur à 140Mds€).

A l’heure où l’Etat et les partenaires sociaux cherchent des solutions pour financer ce nouveau risque sociétal, les ordonnances attendues peuvent apporter une partie de la réponse.

Pour faire face au risque de dépendance, les épargnants peuvent avoir besoin au moment de leur perte d’autonomie (83 ans en moyenne selon les chiffres du Ministère des Solidarités et de la Santé)

  • d’un capital pour financer l’adaptation de leur habitat,
  • de revenus supplémentaires élevés car activés le plus tard possible (sous forme de rente viagère et / ou de rachats programmés) pour financer des soins à domicile ou une chambre médicalisée.

Autoriser les épargnants à liquider leur épargne retraite aussi tard qu’ils le souhaitent leur permettra de bénéficier d’un capital ou de revenus plus élevés au moment où ils en auront besoin pour financer leur perte d’autonomie.

Il nous semble donc essentiel de ne pas répéter le péché originel du PERP : la liquidation imposée avant 74 ans a interdit l’utilisation de cette épargne comme outil de prévoyance dépendance.