2023 : un grand cru pour (presque) tous les actifs

Découvrez le commentaire de marché d’Eres Gestion revenant sur les tendances et l’actualité des marchés financiers en 2023.

2023 : un grand cru pour (presque) tous les actifs, Eres Group

Les opérateurs de marché étaient entrés dans l’année 2023 avec une grande prudence, échaudés par la performance catastrophique de l’ensemble des classes d’actifs en 2022. Ils n’ont pas eu le temps de respirer que la tendance haussière était déjà bien installée : le CAC 40 a, par exemple, connu son meilleur mois de janvier depuis sa création en 1987. Il s’en est suivi une longue période consolidation, entre craintes sur les banques régionales américaines et enthousiasme pour l’intelligence artificielle, dans un contexte où la hausse des taux a continué d’alimenter les peurs sur un atterrissage brutal de l’économie mondiale. Mais une brusque détente de ces derniers en fin d’année a entrainé dans son sillage l’ensemble des actifs financiers pour une fin d’année explosive.

Faillite des banques régionales US, émergence de l’intelligence artificielle, déception chinoise

L’année aura été loin d’être tranquille malgré des performances flatteuses. Le premier coup de semonce a eu lieu le 9 mars avec l’annonce de la faillite de la banque régionale américaine SVB. S’en est suivie la faillite de Signature Bank et la crainte d’une contagion au reste du secteur bancaire américain, faisant brutalement chuter les marchés financiers.

 Mais l’intervention rapide de la FED, qui a apporté des liquidités abondantes aux entités en difficulté tout en assurant la reprise rapide des plus touchées, a permis d’éteindre l’incendie et d’être le point de départ d’un retour en grâce exceptionnelle des valeurs technologiques, friandes d’injections de liquidité. Ensuite, la découverte par le grand public de l’impact potentiel de l’intelligence artificielle à travers Chat-GPT, a donné un gigantesque coup de turbo à Nvidia, producteur des processeurs nécessaires à faire tourner ces programmes extrêmement gourmands mais plus généralement à l’ensemble du secteur technologique, Microsoft en tête. Les chevaux étaient lancés et malgré une correction au troisième trimestre, rien n’a pu les arrêter.

Par contraste, la position la plus consensuelle du marché, à savoir acheter des actions chinoises pour profiter de la fin des restrictions sanitaires liées au Covid et de la réouverture totale de l’économie, a tourné à la catastrophe. Alors que l’on s’attendait à un plan de relance d’ampleur, à l’image de ceux qui ont émaillé les années 2010, la stratégie chinoise de simplement limiter les dégâts dans les secteurs les plus endettés comme l’immobilier a fortement déçu. La bourse chinoise enregistre une performance négative pour la troisième année consécutive.

Fin du cycle de hausse des taux, les marchés déjà tournés vers la suite

Du côté économique, l’année fut pour le moins contrastée. Au rayon des mauvaises nouvelles on notera une croissance économique morose dans la plupart des régions, à l’exception notable des Etats-Unis. La zone euro, par exemple, est probablement rentrée en récession au quatrième trimestre 2023. D’une manière générale, les signes d’une récession mondiale synchronisée en 2024 se multiplient, avec un faible appétit des entreprises et des ménages pour s’endetter et investir.

Les marchés ont préféré voir le verre à moitié plein. D’une part la croissance de la première économie mondiale a tenu le choc, d’autre part, l’inflation a nettement ralenti, permettant d’écarter les scénarios de hausse de taux les plus extrêmes. Au quatrième trimestre, le marché a même pu entrevoir une année 2024 où les banques centrales européennes et américaines auront une marge de manœuvre pour assouplir leur politique monétaire.

Les premiers seront les derniers

L’une des plus grandes particularités de 2023 a été d’être le miroir inversé de 2022 en termes de performance pour une grande partie des marchés actions : les valeurs technologiques, en chute libre en 2022 ont largement mené la danse en 2023, dans le sillage de la performance exceptionnelle des plus grosses capitalisations américaines. Après avoir été à l’agonie en 2022, les marchés des obligations souveraines et d’entreprises ont également réalisé une excellente année, effectuant notamment un grand rattrapage au cours du dernier trimestre

Les vainqueurs de 2022 comme les matières premières et les entreprises qui leur sont liées, se retrouvent en queue de peloton. Les marchés actions britanniques, qui avaient également produit un rendement positif en 2022, ont réitéré en 2023 mais en finissant loin derrière les indices des autres pays du vieux continent. Deux exceptions à ce tableau : les PME françaises et les actions n’ont pas rebondi et ont enchainé une nouvelle baisse annuelle. Pour les premières citées, cet état de fait très inhabituel a poussé leur valorisation relative à un plus bas depuis la crise de 2008. Suffisant pour espérer des jours meilleurs ?

Performances des marchés financiers en 2023

Performances des marchés financiers 2023
Sources : Eres gestion, Bloomberg. Performances des indices de marché en 2023, en devises de libellé et dividendes réinvestis. Liste des indices utilisés : CAC 40 NR EUR, Enternext PEA-PME 150 GR EUR, Stoxx 600 NR EUR, S&P 500 NR USD, NASDAQ 100 NR USD, Hang Seng NR HKD, MSCI Emerging Markets NR USD, Bloomberg EUR sovereign TR, Bloomberg EUR Corporate IG TR, Bloomberg EUR Corporate HY TR, Baril de Brent, Once d’or. Les performances passées ne présagent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps.

Perspectives

Dans un environnement où la croissance des bénéfices aura été au mieux nulle, les marchés ont tiré leur carburant dans l’expansion agressive de leurs valorisations, qui retrouvent des niveaux proches de ceux affichés fin 2021. Il parait donc difficile de concevoir une poursuite du mouvement haussier sans une progression bénéficiaire des sociétés. C’est ce qu’anticipe le consensus, avec une hausse attendue des bénéfices des actions 2024 à travers le monde de l’ordre de 12%.

L’autre point qui interroge est l’attitude des banques centrales dont on attend, en Europe et aux Etats-Unis, une baisse des taux directeurs de l’ordre de 1,50%. Si elles sont amenées à faire plus, cela sera probablement mauvais signe pour la croissance et l’état de l’économie en général. Dans le cas inverse, la baisse agressive des taux (déjà intégrée dans les valorisations des actifs) pourrait être remise en question. Les actifs risqués sont donc sur un étroit chemin de crête qu’il sera difficile de traverser sans se faire au moins quelques frayeurs.

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